lundi 1 novembre 2010

Suite "Chasse à la Vie" de moi-même...

Suite :
CHASSE A LA VIE

Episode I :

C’est dans ce contexte que la famille de EHEL BITICHE est venue s’installer à Nouakchott, en provenance de Rosso Mauritanie, comme tant d’autres mauritaniens pour peupler cette ville nouvellement créée en vue de constituer un centre d’attraction politico-économique et social de la République Islamique de Mauritanie une année avant l’accession du pays à l’indépendance, au moment de l’installation de l’Administration Mauritanienne venant de Saint-Louis, sous l’insistance des Autorités légales de la Mauritanie.

C’est donc dans cet agglomérat que va se jouer l’aventure de notre héros et qui constituera ses premiers pas vers cette révolte contre la nature donc vers la liberté qu’il caressait depuis que des évènements indépendants de sa volonté ont précipité son renvoi de l’entourage familial, suite à des anicroches liées à des problèmes conjugaux entre son père adoptif et sa mère.

Depuis lors ce milieu environnemental lui est d’une fatalité indescriptible, tout cela a contribué de manière conflictuelle à son éloignement de la cellule familiale, dans une phase où cette présence aurait été nécessaire pour la métamorphose psychologique de l’enfant délaissé à la nature et aux orées de la fatalité juvénile.

C’est dans ces années folles et contraignantes où l’évolution de chaque individu dépendait intrinsèquement de son indépendance d’esprit, indépendance d’intelligence et surtout de sa volonté de réussir, que ce jeune se découvrit une nouvelle conception de la vie, de l’aventure et surtout de la liberté.

Pour l’évolution de son équilibre qui résultait de l’étendue proportionnelle des évènements qui se manifestaient tour à tour, il devait se démarquer d’un milieu devenu fatal où l’environnement est plus que sceptique d’où la nécessité d’aller vers un endroit plus serein plus ou moins acceptable et susceptible de lui permettre de continuer ses études primaires et secondaires dans un cadre plein d’harmonies et bonheurs.


D’années en années non sans trop d’accrocs, il luttait âprement contre les épreuves de la vie, de la nature et pour parvenir au soleil  de la liberté et de la prospérité, qui est le seul salut devant permettre à notre héros de poursuite son aventure.

Sans la volonté ferme de réussir et de poursuivre ses études à un stade aussi important de la vie, il aurait pu sombrer dans l’ignorance, dans la délinquance et surtout dans la frustration, d’où un abandon des études serait une erreur irréparable et insignifiante.



L’épopée enfantine :

A cette époque, le ksar n’était qu’une agglomération à peine peuplée d’un millier d’individus, les habitants se connaissaient les uns, les autres. A chaque évènement, ils se rendaient mutuellement visite et contribuer aux festivités qui marquaient leur relation quotidienne.

Bâti entièrement en banco, son plan directeur était bien conçu, les ruelles très espacées, les bâtiments coloniaux (Baîla) qui constituaient le seul héritage colonial de la bourgade et qui sont destinés à l’Administration mauritanienne en attendant les nouvelles infrastructures de la future Capitale en cours d’élaboration.

Les seuls bâtiments du faubourg qui en faisaient la façade, sont le dispensaire ‘’El Hadj’’, les logements administratifs où habitait la seule autorité religieuse et juridique, il s’agit du Cadi, quelques maisons en béton armée, aux alentours de l’école primaire, ainsi que les concessions en banco de l’actuel ‘’BAILA’’ datant des années cinquante.

Après l’installation de ma famille au Ksar, je me familiarisais avec les enfants, du quartier, où nous habitons près de l’unique établissement scolaire qui existait en ces temps-là. La seule distraction des enfants, en ces temps lointains, est de se retrouver au marigot ‘’Amou rayé’’, (situé actuellement en plein centre de Teyarett) nouvelle agglomération de la Capitale, où ils passaient la journée à nager dans a boue salée, aucun souci de contamination n’effleurait leur esprit, plutôt le désir de plonger dans cette eau saumâtre qui se développait au fur et à mesure que les pluies se multipliaient dans la zone.

De temps à autre, on acheminait vers les bassins souterrains de la Maurelec, société jadis chargée de l’alimentation en eau et en électricité la ville de Nouakchott, situés en face de la résidence du PM).



A l’intérieur de ces bassins-là, on pénétrait en toute plénitude, sans contrainte pour nous laver et souvent aussi pour on s’y cachait dans les canaux loin des regards pour nous amuser, et parfois pour éviter d’être évincé par nos parents quand ils se rendaient compte qu’on se trouvait dans ces bassins dangereux à leur yeux.

Parfois des passants signalaient notre présence dans les bassins à nos parents qui se lançaient à notre recherche, ayant repéré notre refuge, ils scrutaient à travers les hublots au dessus des bassins, en nous hélant, l’écho de leurs cris, nous parvenait comme des ondes de choc, traversant les canaux pour percuter les échos de nos cris de joie et de bonheurs dans un tintamarre indescriptible.

En dehors de mes études scolaires, je m’acharnais sur mes cours coraniques que le vieux marabout du coin me donnait chaque matin à l’aube en me faisant réciter mes sourates avant d’aller à l’école.

L’école est constituée de deux grands bâtiments distincts, l’un destiné aux garçons, l’autre aux filles séparée par  une haie de barbelés afin  d’éviter le contact entre les deux sexes. Les salles étaient propres, des enseignants pour la plupart des béninois, et sénégalais, enseignaient le français, tandis que des instituteurs de mahadras mauritaniens éduquaient cette première génération d’élèves, et nous enseignaient l’arabe classique.

Les écoliers dans la cour, sous le regard des maîtres s’offraient le luxe de jouer au cache-cache, par-ci et par-là des gaillards, ballon au pied, se défoulaient à leur guise avant le son de la cloche invitant les élèves à rentrer en classe.

De l’autre côté de la clôture en barbelés, les filles en robe de soie, d’autres en voile, dansaient, chantaient, criaient ou jouaient à ‘’ma maison’’.

Certaines assises, tapotant des mains, pendant que l’une d’elles, faisant le tour du cercle des filles assises et jetait au hasard le mouchoir qu’elle tenait à la main, sur l’une d’elles et poursuivant sa course pour regagner la place laissée vide par la poursuivante, qui devait à défaut de pouvoir rattraper sa copine, poursuivre le chemin dans une ambiance bon enfant.

Au son de la cloche, les écoliers se précipitaient vers les entrées de leur classe respective, pointé au perron, chaque enseignant attendait exclusivement ses élèves qui s’alignaient en trois colonnes, après l’exécution d’un certain nombre de mouvements d’ensembles, les élèves pénètrent dans les classes et sont soumis à l’appel de présence que le maître effectuait afin de s’assurer de la présence de tous.

En classe un silence s’empara des élèves, des chuchotements se furent entendre au fond de la classe et l’un des élèves se levait pour confirmer l’absence de tel ou tel élève.

-         Prenez vos ardoises et suivez-moi au tableau ? Décrétait le maître à l’attention des élèves.

Il écrivit au tableau noir, quelques consommes et des syllabes et entonna :

-         i, u, o, a, e, é, è, ê ….
-         t, p, n, m, r, v, etc.….

Les élèves répétaient après lui en une seule  voix.

Ensuite, il demandait aux élèves d’écrire sur les ardoises les lettres, de les lire attentivement et de les réciter avant la sortie en récréation.

Aux environs de 10 heures, la cloche résonnait pour la seconde fois annonçant la récréation, les élèves se précipitèrent dehors, après avoir rangé leurs ardoises et silencieusement pour jouer et manger quelques bonbons offerts par les vendeuses moyennant des pièces par ci et  par là.

 à suivre ....

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